Notes de programme

 

Dialogues - Concert du 5 novembre 2017

 

Grzegorz Fitelberg/Jacob Weinberg/Boris Levenson  (arr. Bellison)

Four Hebraïc Pictures

Depuis la fin du X1Xe siècle, plusieurs compositeurs se sont inspirés de la musique traditionnelle folklorique, soit pour renouveler le langage musical ou pour se soustraire à l’hégémonie de la musique germanique. Parmi ces compositeurs, citons Bela Bartok et Bela Kovacs. The Weddind, Canzonetta, Hebrew Dance et the Maypole sont quatre mélodies hébraïques en forme de suite qui appartiennent à ce courant musical. Simeon Bellison (1844-1947), un des plus célèbres clarinettistes du siècle, a utilisé des mélodies déjà transcrites par les compositeurs Jacob Weinberg (Canzonetta, the Maypole), Grzegorz Fitelberg (Wedding) et Boris Levenson  (Hebrew Dance). The Wedding est un portrait musical de Grzegorz Fitelberg. La pièce est en deux parties : la préparation de la mariée et la Procession. Canzonetta et The Maypole sont deux mélodies de Jacob Weinberg. Canzonetta a des échos à la fois d'un vieil air folklorique yiddish et d'une mélodie hassidique. Le titre Maypole fait peut-être référence aux danses de Maypole à travers un prisme sonore juif, en alternant une mélodie printanière avec un passage de clarinette méditative qui pourrait représenter la danse majestueuse liée au couronnement de la Reine de Mai.  Hebrew Dance, ce portrait musical est celui du compositeur Boris Levenson.

Éric Champagne (1980)

Trois chants tirés de Six chants sans paroles
Récipiendaire du prix Opus Découverte de l’année en janvier 2014, le compositeur Éric Champagne détient une maîtrise en composition de l'Université de Montréal. Il a travaillé, entre autres, auprès des compositeurs Michel Tétreault, François-Hugues Leclair, Michel Longtin, Denis Gougeon, Luis de Pablo, José Evangelista, John McCabe et Gary Kulesha. Ses oeuvres sont régulièrement interprétées au Québec et à travers le Canada, aux États-Unis, en Europe et en Inde par des ensembles et solistes de renom.
Il a collaboré avec divers poètes et artistes en arts visuels pour la réalisation de projets multi-disciplinaires. Compositeur en résidence de l’Orchestre Métropolitain de Montréal de 2012 à 2014, Éric Champagne collabore régulièrement avec cet orchestre pour divers projets musicaux et pédagogiques. Il occupe de plus le poste de compositeur en résidence de la Chapelle historique du Bon-Pasteur de Montréal de 2016 à 2018.
Éric Champagne est lauréat de plusieurs prix et distinctions, dont le Prix du CALQ-Création de l’année-Montréal pour sa Symphonie no 1 créée en mars 2014 par l’Orchestre Métropolitain. Éric Champagne s’implique activement dans la diffusion de la musique contemporaine et de la culture en général. Il est l’auteur d’articles, d'entrevues et de critiques publiés dans plusieurs revues musicales. Il a donné de nombreux ateliers de création musicale ainsi que des conférences dans des écoles de niveau primaire, secondaire, collégial et universitaire en plus d'enseigner au camp musical Père Lindsay. Enfin, son Te Deum a été interprété à Carnegie Hall en juin 2017. 

Six chants sans paroles (nos 4, 5, et 6)
Les pièces Pavane et Tes yeux te parlent ont été composées sur des poèmes de Guy Cloutier, poète québécois. Soleils couchants a été composé sur un poème de Verlaine.

 

 

Paquito D’Rivera (1935)

Trois pièces pour clarinette et piano

Paquito d'Rivera est un clarinettiste et saxophoniste cubain, né à La Havane en 1948.
Enfant prodige, expert du saxophone alto, il est aujourd'hui un des grands noms du « Latin jazz ». Dans sa passion de mettre en valeur le répertoire latin, M. D'Rivera a créé, soutenu et promu avec succès toutes sortes de compositions classiques. En plus de sa carrière extraordinaire d'instrumentiste, M. D'Rivera a rapidement acquis une réputation de compositeur accompli. Sa musique témoigne de sa polyvalence et de ses multiples influences, des mélodies rituelles afro-cubaines à la musique des dancings, en passant par les rythmes rencontrés dans ses voyages de grande envergure et ses origines d'interprète classique.

Les Aires tropicales de D'Rivera est une œuvre, comptant sept mouvements, qui a été commandée par l'Aspen Wind Quintet et créée à New York en 1994. Les trois pièces font partie de cette œuvre. La Habanera insinuante et séduisante est considérée comme l'ancêtre du tango. Le son doux-amer continue dans le Vals Venezolano, une valse dédiée à Antonio Lauro du Venezuela. Dizzyness, un hommage à la légende du jazz Dizzy Gillespie, utilise le langage harmonique le plus complexe, pour un effet en effet un peu étourdi. La Contradanza, une autre danse cubaine traditionnelle dédiée au compositeur cubain Ernesto Lecuona, évoque les images les plus vives de la danse actuelle dans la suite. 

Arvo Pärt (1935)

Spiegel im Spiegel

L’estonien Arvo Pärt (né en 1935) est devenu l’un des compositeurs vivants les plus célèbres en raison de la beauté, de la simplicité et de l’atmosphère spirituelle de ses œuvres. Spiegel im Spiegel fut composé en 1978 juste avant son départ d’Estonie pour l’Occident. Le titre allemand est un jeu de mots qui peut vouloir dire Miroir (ou Miroirs) dans le miroir, référence apparente à l’infinité d’images qu’on peut capter dans des miroirs placés en face l’un de l’autre, et qui se traduit par les répétitions qui semblent sans fin du matériau triadique de l’œuvre. À l’origine, le compositeur écrivit cette œuvre pour violon et piano, mais il en fit de nombreux arrangements, notamment une version pour clarinette et piano. Le piano joue des triades ascendantes, pendant que la clarinette tisse des gammes lentes ascendantes et descendantes qui s’achèvent toutes sur la note la, médiante de fa majeur, qui est en réalité la tonalité de cette œuvre. La musique développe un sentiment d’intemporalité, d’abandon de soi et de désolation (ou de ravissement).

Ernest Bloch (1880-1959)

Nigun (Improvisation)

Ernest Bloch est né à Genève (Suisse) et il est décédé à Portland (États-Unis). Il était violoniste, compositeur, chef d’orchestre et pédagogue.
Parmi ses élèves les plus connus, on peut citer George Antheil, Roger SessionsDouglas MooreBernard RogersRandall Thompson, Herbert Elwell, Leon Kirchner et le philosophe Stanley Cavell.
Son œuvre se rattache au mouvement néo-classique, et est profondément inspirée par son identité juive. Nigun (improvisation en hébreu) d'Ernest Bloch est la pièce centrale d’un triptyque pour violon et piano intitulé « Baal Shem » datant de 1923, s’inspirant de la vie spirituelle juive et célébrant la secte des hassidiques qui voulaient atteindre Dieu par la joie du chant et de la danse. Bloch tente de recréer le sentiment d'extatique psalmodie religieuse à travers une ligne mélodique hautement chargée et ornée qui monte à un ton de fièvre d'intensité spirituelle avant de disparaître en douceur.

 

Johannes Brahms (1833-1897)

Les deux Sonates pour clarinette et piano op. 120 sont les dernières œuvres de musique de chambre du compositeur allemand. Il les a écrites pendant l'été 1894 (soit trois ans avant sa mort) après avoir entendu en concert le clarinettiste Richard von Mühlfeld. C'est ce même clarinettiste qui en assure avec Brahms au piano la création en novembre 1894, devant un public rassemblant notamment Clara Schumann et Joseph Joachim.

Brahms en effectue une transcription quelques mois plus tard pour l'alto (on parle parfois de Sonates pour alto et piano op. 120), un instrument dont la tessiture est finalement assez proche de la clarinette et dont Brahms a trouvé la sonorité intime parfaitement adéquate pour ces deux œuvres où n'est faite nulle place à des effets de virtuosité.

 

Johannes Cloutier

 

 

 

Notes de programme du concert Duos & Duels le 8 octobre, 14h30 2017

Valérie Milot, harpiste

Antoine Bareil, violoniste

 

Manuel de Falla (1876 - 1946)
Manuel de Falla (1876 - 1946) commence l’étude du piano à huit ans avec des enseignants de province, avant de devenir, en 1890, élève de José Tragó puis étudit, de 1896 à 1898, au Conservatoire royal de Madrid.
En 1904, il écrit La Vie brève, sorte d’exercice pour achever sa formation avec Felipe Pedrell, l’initiateur
de la musique espagnole.
De 1907 à 1914, on le retrouve en France où il fait la connaissance de Claude Debussy, Maurice Ravel et
Isaac Albéniz. En 1908, ses Quatre Pièces espagnoles sont publiées à Paris ainsi que, en 1910, ses Trois
Mélodies sur des textes de Théophile Gautier. Il revient en Espagne et écrit la première version de sa musique de ballet L’Amour sorcier en 1915, puis celle du ballet Le Tricorne en 1917 qui sera créé avec succès à Londres deux ans plus tard par les Ballets russes de Serge Diaghilev. On compte parmi ses autres oeuvres majeures Nuits dans les jardins d’Espagne (1921), pour piano et orchestre; La Vie brève, drame lyrique en deux actes, Le Retable de Maître Pierre (1922), opéra de chambre et son célèbre Concerto pour clavecin et cinq instruments (1923-1926) dédié à Wanda Landowska : une des toutes premières oeuvres modernes dédiées à cet instrument en cours de « résurrection ». On peut dire que toute sa musique est marquée par le génie de son pays natal, l’Espagne,
et basée sur des thèmes folkloriques espagnols très habilement et admirablement repris, et ce tant dans sa période parisienne que dans celle qui précède son séjour en Argentine.
 

Camille Saint-Saëns (1835 - 1921)
Charles-Camille Saint (1835 - 1921) aura été compositeur, organiste, chef d’orchestre et pianiste. Parmi ses oeuvres les plus connues citons : Introduction et Rondo Capriccioso (1863), le Deuxième Concerto pour piano (1868), le Concerto du premier violoncelle (1872), Danse macabre (1874), l’opéra Samson et Dalila (1877), le Troisième Concerto pour violon (1880), la Troisième Symphony (1886) et le Carnaval des animaux (1886). Rappelons que Saint-Saëns était un prodige musical, son premier concert donné à l’âge de 10 ans en faisant foi. Après avoir étudié au Conservatoire de Paris, il a entrepris une carrière d’organiste d’église, d’abord à Saint-Merri, à Paris puis, à partir de 1858, à La Madeleine, l’église officielle de l’Empire français. On sait que Saint-Saëns vouait une admiration enthousiaste à la musique moderne, notamment celle de Schumann, de Liszt et de Wagner, bien que ses propres compositions se soient plutôt inscrites dans la tradition classique. Saint-Saëns a occupé un seul poste d’enseignement pendant environ cinq ans, à l’École de Musique Classique et Religieuse, à Paris. Parmi ses étudiants, on compte Gabriel Fauré et Maurice Ravel, deux compositeurs, fortement influencés par Saint-Saëns, au point de le vénérer comme un véritable génie.
 

Thomas Rajna (1928 - )
Thomas Rajna (1928 - ) est un compositeur et pianiste hongrois, domicilié à Cape Town en Afrique du Sud depuis 1970. Il a étudié le piano à l’Académie de musique Franz Liszt où il a remporté le prix Liszt en 1947, puis au Royal College of Music, à Londres. En 1963, il a été nommé Professeur de piano à la Guildhall School of Music
and Drama.
Son premier enregistrement a été consacré à l’oeuvre complète pour piano solo d’Igor Stravinsky. Un premier
enregistrement qui donnera le LA à une discographie particulièrement riche : Alexander Scriabin, Robert Schumann et Olivier Messiaen, sans oublier Béla Bartók et sa célèbre Musique pour cordes, percussions et celesta, avec Sir Georg Solti et le London Orchestre symphonique. Une discographie à laquelle s’ajouteront un cycle consacré à l’oeuvre complète pour piano d’Enrique Granados et les 12 études transcendentales de Franz Liszt. Installé à Cape Town, en Afrique du Sud, en 1970, il est nommé professeur agrégé de piano en 1989 à la Faculté de musique de l’Université de Cape Town. En 1990, Rajna a joué la partie de piano solo dans la première, et jusqu’ici la seule performance sud-africaine, de la monumentale Turangalîla-Symphonie de Messiaen avec l’ Orchestre symphonique du Cap. L’oeuvre du compositeur Thomas Rajna est aussi riche que la discographie du pianiste. Des oeuvres pour violon et piano, pour violon et orchestre, pour piano seul, pour piano et orchestre, pour clarinette et orchestre, pour harpe et orchestre, pour harpe et violon dont sa célèbre Suite pour violon et harpe.
 

R. Murray Schafer (1933 - )
R. Murray Schafer (1933 - ) est entré au Conservatoire royal de musique et à l’Université de Toronto en 1952 pour étudier avec Alberto Guerrero (piano), Greta Kraus (clavecin), John Weinzweig (composition) et Arnold Walter (musicologie). Sa rencontre avec Marshall McLuhan pourrait être considérée comme l’influence la plus forte et la plus durable sur son développement intellectuel. Murray Schafer quitte le Canada en 1956 pour étudier la musique à l’Académie de Vienne. Toutefois, son attention principale sera consacrée à l’étude de l’allemand médiéval. Après deux ans à Vienne, il étudie en Angleterre avec le compositeur Peter Racine Fricker. C’est au cours de son séjour en Grande-Bretagne, qu’il publie une édition exécutive de l’opus peu connu du poète Ezra Pound Le Testament, diffusé par la BBC en 1961.
De retour à Toronto, R. Murray Schafer a dirigé « les Concerts des dix siècles » avant de se consacrer à
l’enseignement à l’Université Memorial, puis (1965-75) à l’Université Simon Fraser. C’est du reste à Simon Fraser, qu’il a mis en place le projet World Soundscape Project qui entend étudier les relations entre les hommes et leur environnement acoustique.
Notes de programme

 

 

 

 

 

 

 

 

L'incomparable sopraniste / Dimanche 12 mars à 14h30

La voix de sopraniste (registre aigu habituellement associé à la voix de femme) de Fabrice di Falco séduit immédiatement. Artiste du XXIe siècle, ce chanteur s’intéresse tant à la musique baroque qu’au jazz, aussi aime-t-il confronter l’art de l’ornementation de ces deux genres si différents. Ainsi nous offre-t-il des oeuvres phares des XVIIe et XVIIIe siècles ainsi que de la musique de jazz fondée sur des airs célèbres empruntés au répertoire ancien.

 

Salve Regina de Pergolese

L’immense talent du compositeur Giovanni Battista Pergolesi (1710-1736) fut reconnu dès ses études au Conservatoire dei Poveri di Gesù Cristo à Naples. Durant sa trop courte carrière de compositeur, (6 ans) sa renommée demeura modeste. Mais selon l’historien Charles Burney, « … dès l’instant où sa mort fut connue, toute l’Italie manifesta le vif désir d’entendre et de posséder ses œuvres ». Ainsi, plus de trois cents numéros d’opus lui ont été attribués dont seulement une trentaine a été reconnue par la critique moderne comme étant réellement de lui, phénomène qui témoigne de la réputation du compositeur. À 25 ans, des problèmes de santé l’obligent à se retirer au monastère des Capucins de Pozzuoli, près de Naples là où il a vraisemblablement composé son célèbre Salve Regina quelques mois avant de mourir. Dans cette œuvre particulièrement poignante, Pergolesi multiplie les dissonances et les sauts de quarte diminuée qui ont caractérisé son langage.

 

Stabat Mater de Vivaldi

Une épitaphe anonyme retrouvée dans des archives vénitiennes, les Commemoriali Gradenigo dit d’Antonio Vivaldi (1678-1741) qu’. « Il avait gagné en un temps plus de 50 000 ducats, mais sa prodigalité désordonnée l’a fait mourir pauvre à Vienne ». Le compositeur du plus célèbre morceau de musique classique, Les Quatre Saisons, a connu une carrière de violoniste virtuose, professeur réputé et compositeur de concertos et d’opéras d’une célébrité inégalée. Jean-Sébastien Bach a transcrit un très grand nombre des œuvres de celui qu’on a nommé « Le Prêtre roux ».

Vivaldi se voit confier en 1711 la composition d'une œuvre pour la Vierge par l'église Santa Maria della Pace de Brescia, ville natale de son père Giovanni Battista Vivaldi. La première de l'œuvre fut donnée le 18 mars 1712. L'œuvre est construite selon 3 groupes de 3 mouvements chacun, qui s'articulent sur 10 strophes du texte médiéval en latin du Stabat Mater. Les deux premiers groupes utilisent sur des paroles différentes la même base musicale. Ce procédé, inhabituel dans l'œuvre vivaldienne et celle de ses contemporains, apporte une sensation d'unité particulière.

 Marie de l'Incarnation et Elisabeth-Claude de Jaquet

Clin d’œil à la journée internationale de la femme, le programme de ce concert propose deux oeuvres de deux compositrices du XVIIe siècle l’une en France l’autre en Nouvelle-France témoignant du talent « possible » de la femme. Le compte-rendu du Mercure galant constitue le plus ancien document sur Elizabeth-Claude Jacquet qui connut une grande renommée durant sa vie tant comme virtuose que compositrice. Il y est écrit : « C’est un Prodige qui a paru icy depuis quatre ans. Elle chante à Livre ouvert, la Musique la plus difficile. Elle l’accompagne, et accompagne les autres qui veulent chanter, avec le Clavessin dont elle jouë d’une manière qui ne peut estre imitée. Elle compose des Pieces, et les jouë sur tous les tons qu’on luy propose. Je vous ay dit, Madame, qu’il y quatre ans qu’elle paroist avec des qualitez si extraordinaires, et cependant elle n’en a encore que dix ».

De l’autre côté de l’Atlantique on a retrouvé les manuscrits de compositions révélant un métier solide et un art particulièrement raffiné de l’ornementation. Attribuées à Marie Guyart, béatifiée récemment Marie de l’Incarnation, ces œuvres ont étonné Mgr de Laval, lui qui est arrivé à Québec vingt ans après la compositrice.  Fut-il jaloux? A-t-il voulu affermir son autorité? Il a fait interdire ces chants trop …modernes. « Il craint que nous ne prenions de la vanité en chantant et que nous de donnions de la complaisance au dehors. Nous ne chantons plus aux messes, parce que, dit-il, cela donne de la distraction au Célébrant et qu’il n’a point vu cela ailleurs. »

 

 

 


 

- TRIO AD LIB - 29 janvier 2017, 14h30

Maurice Ravel (1875-1937)

Dans son Tombeau de Couperin, Ravel rend un hommage musical au grand claveciniste et compositeur baroque François Couperin (1668-1733). Ce recueil composé de six pièces inspiré des danses baroques est un véritable hommage à l’écriture du 17e siècle dans ce qu’elle a de plus vivace, de plus lumineux. Ces pièces représentent également de vibrants hommages aux amis disparus pendant la Grande guerre (1914-1918).

Au programme d’aujourd’hui, vous entendrez le Prélude, la première pièce du recueil. Une pièce légère, à temps vif, riche en ornements comme le voulait le style baroque. Vous entendrez également Les entretiens de la Belle et la Bête, tiré de sa suite Ma Mère l’Oye, originellement composée pour le piano à quatre mains. Inspirée des contes pour enfants, Ravel propose ici une valse lente qui instaure un dialogue entre une mélodie naïve dans le registre aigu du piano et une seconde mélodie, dissonante, bien marquée par des triolets chromatiques, dans un registre grave.

Benoît Fortier (1979- )

Benoît Fortier étudie le cor et la composition au Conservatoire de musique de Québec. Il participe à plusieurs des projets de compositions avec les Violons du Roy, l’OSQ et le groupe Erreur de type 27. Vous entendrez aujourd’hui ses Trois pièces pour hautbois et contrebasse, initialement présentées au concours de composition de musique de chambre de l’International society of Bassists où elles ont reçu une mention honorable.

Frank Proto (1941- )

Frank Proto est un pionnier du répertoire de la contrebasse, on lui doit notamment deux concertos et une fantaisie avec orchestre, une abondante musique de chambre et la fameuse Carmen Fantasy pour contrebasse et piano. Écrite pour le contrebassiste François Rabbath, celle-ci est composée d’un prélude orignal et d’une série de courtes pièces inspirées de l’opéra Carmen de Georges Bizet à qui Proto rend un hommage aux influences remarquables de jazz étatsuniens.

Gaspard Daigle (1989- )

Gaspard Daigle étudie  la contrebasse dans la classe de Jean Michon au Conservatoire de musique de Québec où il obtient un prix avec grande distinction avant de se perfectionner auprès de François Rabbath, Paul Ellison et Al Azdanfar. Il occupe actuellement la chaise de contrebasse solo de l’Orchestre symphonique de l’Estuaire. En 2015, il interprète en première canadienne le Concerto no 2 pour contrebasse et orchestre de Frank Proto avec l’Orchestre du Conservatoire de musique de Québec. Gaspard Daigle poursuit ses études en composition avec Yannick Plamondon au Conservatoire de musique de Québec.

Francis Poulenc (1899-1963)

En 1919, Francis Poulenc forme avec Honneger, Milhaud, Durey, Auric et Tailleferre ce qui sera connu comme  le Groupe des Six. Ces compositeurs exerceront une influence déterminante sur le développement de la musique française du 20e siècle.

Dans son Trio pour basson, hautbois et piano, Poulenc propose, lui aussi, un hommage aux anciens, mais cette fois un hommage au classicisme de Mozart. Au programme aujourd’hui, vous entendrez d’abord le mouvement lent, particulièrement lyrique, au caractère très proche des mouvements lents de Mozart. Suivra le troisième mouvement, aux tonalités qui rappellent également le scherzo du Concerto no 2 en sol mineur de Camille Saint-Saëns, un rondo enlevé qui vient clore le Trio dans l’exubérance de la joie. 

                                                                                                                                                             Caio

 

 

 

 

 

 

 

 


Florent Schmitt (1870-1958) a étudié la composition au Conservatoire de Paris, avec Jules Massenet et Gabriel Fauré. Il nous laisse une oeuvre très vaste, comprenant plusieurs pages pour orchestre, de la musique de chambre et des nombreux recueils de pièces pour piano. Une semaine du petit elfe ferme l’Oeil met en musique des scènes tirées d’un conte enfantin de l’écrivain danois Hans Christian Andersen. Ole Ferme l’Oeil est un conteur magique qui visite les enfants sages le soir et qui raconte des histoires pour les accompagner dans leur sommeil. Il rend visite au bon et très sage garçon Hjalmar, et lui fait vivre des aventures magiques en lui racontant une histoire par jour de la semaine. La noce des souris est un extrait du conte du jeudi. Avec sa bague magique, Ole réduit le garçon à la taille d’un petit  soldat de plomb, et l'accompagne aux noces festives d’un jeune couple des souris. Dans La cigogne lasse, le conte du mercredi, Ole amène le petit Hjalmar au bord d’un magnifique bateau. Au cours de leur voyage, une cigogne fatiguée tombe à bord, et raconte les histoires des pays et des paysages qu’elle a traversés, Hjalmar l’aide à se redresser et elle continue sa migration vers les pays chauds. Dans Le cheval de ferme l’œil, un extrait de la dernière journée, le conte du dimanche, le frère d’Ole Ferme l’Oeil, qui s'appelle également Ole, étant connu aussi comme la Mort, vient rendre visite au petit Hjalmar. Il galope sur un magnifique cheval, sur lequel il invite les enfants à le rejoindre. Toutefois, avant de monter à cheval avec lui, il demande aux enfants leur carnet de notes. Les sages enfants comme Hjalmar sont assis sur le devant du cheval, et Ole leur raconte une belle histoire. Les enfants médiocres sont cependant placés derrière le cheval, et doivent entendre une histoire terrible. Le mariage de la poupée Berthe est tiré du conte du vendredi. On y raconte la fête d’anniversaire de la poupée Berthe, la poupée de la soeur du petit Hjalmar, qui se marie avec Herman.  La ronde au travers des lettres boiteuses appartient au premier conte, le lundi. Ole Ferme l’Oeil se sert de ses sorts pour décorer la chambre de Hjalmar, mais il perd le contrôle du crayon d’ardoise et du cahier d’écriture de l’enfant, les lettres devenant alors totalement désordonnées et chaotiques. Dans La promenade à travers le tableau, tirée du conte de mardi, Ole ferme l’oeil rend la vie aux meubles de la chambre de Hjalmar, dont un très beau tableau. Les deux complices font ensuite un voyage pittoresque dans le tableau où ils traversent des paysages et côtoient des personnages, fantastiques et réels, dont la bonne de Hjalmar. Finalement, dans le parapluie chinois, conte du samedi, Ole ne raconte aucune histoire, mais salue Hjalmar en ouvrant un magnifique parapluie chinois. Après une brève visite, l’enchanteur-conteur s’envole pour préparer les contes du dimanche.

 Maurice Ravel (1875-1937) étudie au Conservatoire de Paris, notamment l;a composition avec Gabriel Fauré. Il nous laisse un énorme héritage de musique symphonique, dont le très célèbre Boléro, le ballet Daphnis et Chloé et le Concerto pour piano en sol majeur  originellement écrite pour le piano à quatre mains, aujourd’hui vous entendrez un arrangement de signé par Peter Sadlo, une version pour piano à 4 mains et percussions. En 1911, un an après la création de son oeuvre, Ravel écrit l’adaptation orchestrale, qui reste encore de nos jours un incontournable du répertoire symphonique. Dans ce recueil de cinq pièces, Ravel rend un hommage aux grands conteurs classiques français: Charles Perrault, la Comtesse d’Aulnoy  et Madame Leprince de Beaumont. La première pièce enous propose une pavane, une danse noble et lente originaire de Padoue, illustrant le sommeil de la Belle au bois Dormant de Charles Perrault. La deuxième pièce, une marche lente dans la tonalité de do mineur, accompagne musicalement la marche lente dans la tonalité obscure de do mineur, rendant une vie musicale à la marche du petit poucet et de ses frères, perdus dans la forêt après avoir été abandonnés par leurs parents. La troisième pièce, inspirée par le Serpentin vert de Mme d’Aulnoy, nous propose une illustration musicale du bain de la princesse Laideronnette, condamnée par une malédiction de la méchante fée Magotine à être d’une parfaite laideur. Lors de son bain, les pagodes et les pagodines se mettent à jouer des instruments et à chanter. Ravel traduit cette scène en musique en composant une marche rapide, très influencée par la musique chinoise.  L’avant dernière pièce les entretiens de la belle et de la bête est une valse lente. Ravel fait dialoguer une mélodie très naïve, au registre aigu du piano, et une mélodie dissonante dans le registre grave, caractérisée par des triolets chromatiques. Le mystérieux  jardin féérique clôt le recueil, dans la lumière de do majeur, et s'achève par des glissandos joués dans le registre aigu du piano.

Anne Lauber (1943-) suit sa formation musicale à Lausanne où elle étudie le violon et le piano. Elle perfectionne son écriture musicale auprès d’Andras Kovach, Jean Perrin et Darius Milhaud. Elle complète sa formation à l’Université de Montréal, où elle obtient une maîtrise et un doctorat en composition, sous André Prévost et Serge Garant. Parallèlement à ses études en composition, Anne Lauber étudie la direction d’orchestre avec Jacques Clément. Elle nous laisse notamment un grand  répertoire symphonique, dont quatre concertos pour piano, un oratorio un conte symphonique. Ses oeuvres ont été créés par les orchestres symphoniques de Québec, de Toronto, d’Ottawa, de Denver et Montréal. En plus de ses travaux en composition, Anne Lauber se dédie à la pédagogie musicale, enseignant à l’Université du Québec à Trois Rivières et à Montréal ainsi qu’à l’Université Concordia. Son recueil de miniatures Mini Cirque pour piano a été composé suite à une commande du Centre de Musique Canadienne au Québec. Ce recueil cherche à familiariser le jeune public aux différentes techniques d’écriture musicale ayant marqué l’histoire de la musique occidentale, soit les écritures tonale, atonale et modale. Sous le prisme de ces trois écritures contrastantes, elle décrit différents personnages fantastiques enfantins.

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Notes de programme par C. Marier


VOIX NOUVELLES

Le dimanche 17 avril à 14h30 - 2016-

 

Notes de programme

Franz Schubert (1797-1828)

Bien que mort à 31 ans, Schubert est l'un des grands compositeurs du XIXième siècle et le maître incontesté du lied, poème allemand chanté par une voix accompagnée par un piano ou un ensemble instrumental. Le fait que l’on utilise le terme allemand lied souligne bien le développement et l’importance qu’a eu ce genre en Allemagne et en Autriche. Nous entendrons : Mignon und der Harfner (Mignon et le Harpiste) basé sur le personnage de Mignon qui apparaît  dans « Les Années d'apprentissage de Wilhelm Meister » de la trilogie romanesque de Goethe, l’un des magnifiques duos écrits par Schubert. Mignon a également fait l’objet du célèbre opéra (1866) d’Ambroise Thomas ; Gretchen am Spinnrade (Marguerite au rouet), un lied pour voix et piano, composé en 1814 sur un poème de Johann Wolfgang von Goethe publié en 1808. Il est le premier des 72 poèmes de Goethe mis en musique par Schubert ; An Die Musik (1827), un hymne à l’art de la musique et l’un des chants les plus connus de Schubert, Liebesbotschaft (Rêve d’amour) et Der Tod und das Mädchen (La jeune fille et la mort, 1817).

 

 Jean-Philippe Rameau (1683-1764)

C’est à l’âge de 50 ans que Jean-Philippe Rameau, jusqu’alors reconnu pour ses travaux en théorie de la musique et pour ses livres de pièces pour clavier, connaît le succès avec sa première tragédie lyrique Hippolyte et Aricie, créée le 1er octobre 1733 à l'Académie royale de musique dans laquelle Cruelle mère des amours est chanté à l’acte 3, scène 1.

Cet opéra basé sur un livret de l'abbé Simon-Joseph Pellegrin (religieux suspendu a divinis par l'archevêque de Paris pour s'être trop investi dans le monde du théâtre) est inspiré en partie de la Phèdre de Racine. L’œuvre est conforme au schéma des tragédies en musique composées par Lully et comporte un prologue et cinq actes pendant lesquels on retrouve de nombreux personnages, des dieux présents sur scène ainsi que des divertissements choraux et dansés à chaque acte.

 

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)

Mozart fut l’un des plus grands maîtres de l’opéra. « Cosi fan tutte » fut composé à la demande de Joseph II qui appréciait Mozart et qui lui confia le soin d’écrire un opéra du genre bouffe en relation avec Lorenzo da Ponte, poète impérial. Il fixa le thème inspiré d'un évènement réel qui avait amusé tout Vienne : deux officiers à Trieste avaient échangé leurs femmes. Dans cet opéra, les personnages sont légers, échangent leurs fiancées et le jeu de l'amour produit ses effets, conduisant pour certains à une simple et apparente morale de divertissement. La musique, qui accompagne les dialogues traduit le talent de Mozart et sa subtilité.

 

Jean-Sébastien Bach  (1685-1750)

Jean-Sébastien Bach est le grand maître de la cantate religieuse qu’il a portée au plus haut degré d’achèvement. Installé à Leipzig en 1723, en qualité de Thomaskantor (directeur de chœur) et Directeur musical, il est responsable de l'organisation musicale des deux églises principales de la ville (Saint-Nicolas et Saint-Thomas). À ce titre, il doit fournir de très nombreuses partitions et constitue sur une période de cinq ans, un ensemble de cantates pour tous les dimanches et jours de fête.

Ich habe genug (Je suis comblé) est sans aucun doute la cantate la plus célèbre de Jean-Sébastien Bach. Composée en 1727 pour la fête de la Purification de Marie, cette cantate relate l’histoire d’un homme qui, fort de sa foi en Dieu, se dit prêt à mourir pour aller rejoindre son créateur, car il a tout ce qu’il lui faut, c’est-à-dire sa foi.

Jacques Offenbach (1819-1880)

Émule de Rossini et de Mozart, il est le créateur de l'opéra bouffe français. Parmi la centaine d'œuvres qu'il compose en 40 ans d'activité, plusieurs sont devenues des classiques du répertoire lyrique dont « Les Contes d'Hoffmann » (1881).

Offenbach a composé cet opéra d’après un livret de Jules Barbier qui reprend en grande partie la pièce qu'il avait écrite en 1851 avec Michel Carré. Tous deux sont principalement inspirés de trois histoires de l'écrivain et compositeur romantique allemand Ernst Theodor Amadeus Hoffmann.

Offenbach qui meurt quatre mois avant la création de son opéra fantastique ne pensait pas que cet ouvrage allait lui apporter enfin la reconnaissance officielle à laquelle il avait aspiré tout au long de sa carrière, et devenir l'un des opéras français les plus joués au monde.

 

Denis Gougeon ( 1951 - )

Denis Gougeon est un compositeur et professeur de musique québécois né à Granby en 1951. C’est en autodidacte qu’il amorce son apprentissage de la musique à la guitare vers l’âge de 15 ans. Plus tard, il effectuera un parcours de baccalauréat en musicologie et en guitare classique à l’école de musique Vincent-d’Indy, à Montréal. C’est à l'Université de Montréal qu’il étudie la composition musicale avec Serge Garant et André Prévost. De 1984 à 1988, il enseigne la composition musicale à l'Université McGill. Depuis 2001, il est membre de la faculté de musique de l'Université de Montréal. Il a à son actif plus d’une centaine d’œuvres écrites pour des genres différents : œuvres orchestrales, musique de chambre, opéra, ballet, musique de scène (notamment pour des mises en scène de Denis Marleau) et pièces pour instruments solistes et voix. Avant d’accepter un poste de professeur à l’Université de Montréal en 2001, il était l’un des rares compositeurs de chez nous à pouvoir prétendre vivre de son art, sa musique étant appréciée des interprètes, mais aussi, bien sûr, des auditeurs. Jeu des citations (1992) est un cycle de six mélodies mettant en musique des citations humoristiques.

 

Gioachino Rossini (1792- 1868)

Comptant parmi les plus grands compositeurs du XIXième siècle tant par l'importance et l'étendue de son répertoire que par sa qualité, le nom de Rossini se rattache surtout à l'opéra dont l’un des plus populaires est encore de nos jours « Il barbiere di Siviglia » composé d'après une pièce de théâtre française, « Le Barbier de Séville » de Beaumarchais. Composé sur un livret de Cesare Sterbini et créé en 1816, cet opéra est considéré par beaucoup comme le chef-d'œuvre de l'opéra-bouffe italien.

Le comte Almaviva, tombé amoureux d'une jeune orpheline, Rosine, est prêt à tout pour l'arracher à Bartholo, son vieux tuteur, qui a depuis toujours pour projet de l’épouser. Tandis que, déguisé, il tente de mener son projet à bien, il tombe sur son ancien valet Figaro, persifleur mais entremetteur, qui l'aidera dans ses desseins.

« Cenerentola » est le dernier opéra-bouffe composé par Gioachino Rossini pour le public italien. Il s'agit d'un « dramma giocoso », genre d’opéra burlesque, en deux actes dont le livret est de Jacopo Ferretti, d’après le conte « Cendrillon » de Charles Perrault. Cet opéra a été créé le 28 janvier 1817 au Teatro Valle de Rome.

Notes rédigées par Claire Marier

 


RÉFECTION INTIME - Dimanche 8 novembre 2015

Nathalie Tremblay et Hugues Cloutier, pianistes  (piano solo et piano à 4 mains)

Invité spécial : Jacques Larochelle, flûte à bec

 

Notes de Programme

 Franz Schubert (1797 - 1828) Rondo en La majeur D.951

Le Rondo en La majeur D.951 constitue la dernière œuvre que Schubert a écrite pour le piano à quatre mains. Alors qu’il était sur son lit de mort souffrant de la fièvre typhoïde, complication  de la syphilis dont il était atteint, Schubert accepta d’écrire le Grand Rondo à la demande de l’éditeur viennois bien connu Domenico Artaria. Des trente-deux œuvres qu’il consacre à cette forme tout au long de sa brève existence, trois constituent d’incontestables chefs-d’œuvre, au même titre que ses sonates ou ses quatuors : les Variations D. 813, la Fantaisie D. 940 et le Rondo D. 951, rayonnant de toute la finesse et de la sensibilité du
compositeur.

 

Robert Schumann (1810 - 1856) Images de l’Orient 

Robert Schumann fut, à l’instar de nombreux musiciens, peintres et écrivains à travers les siècles, fasciné par l’orientalisme. En 1849, en cadeau de Noël à son épouse Clara, il publia six impromptus pour pianos à quatre mains, sous le titre de « Bilder aus Osten » (Images de l’Orient). Cette œuvre est inspirée de la lecture des Makâmas - prose rimée en arabe - du poète du Moyen-Âge Hariri, traduits en allemand par Friedrich Rückert. Leur exécution met en lumière la large palette de sonorités du piano à quatre mains.

 

Alexandre Scriabine (1872 - 1915) Quatre préludes pour piano solo

Alexandre Scriabine est un compositeur marquant de la musique russe de la fin du XIXe  siècle. Les vingt-quatre préludes de l’Opus 11, qui a rencontré un énorme succès, ont été composés entre 1888 et 1896 et constituent un hommage à Chopin et à ses vingt-quatre célèbres préludes écrits cinquante ans plus tôt (1835 et 1839). L’Opus 37 qui comporte quatre préludes, a  été composé en 1903.  L’Opus 16 composé entre 1894 et 1896, comporte cinq préludes. Les pièces que nous entendrons illustrent le style propre au compositeur et font appel à la virtuosité des interprètes

 

 Sergueï Rachmaninov (1873 - 1943) Préludes pour piano solo op. 23  #4 et op. 32 # 12

 Rachmaninov a écrit trois séries de Préludes : l’Opus 3 en 1892, l’Opus 23 en 1901 - 1903 et l’Opus 32 en 1910. Au total cela fait 24 préludes écrits dans toutes les tonalités majeures et mineures et répondant, de fait, aux 24 préludes de Frédéric Chopin.  L’Inspiration de l’Opus 23, bien qu’écrite au XXe siècle est empreinte du romantisme de l’époque de Chopin.

 

 Marie Jaëll (1846 - 1925) Voix du printemps

 Née Marie Trautmann à Steinseltz, au nord de l'Alsace, le 17 août 1846, décédée à Paris le 4 février 1925), Marie Jaëll était une pianiste virtuose, compositrice et pédagogue française. En tant que pédagogue, mettant l'accent sur l'importance du développement des facultés mentales et des capacités auditives et visuelles du musicien, elle proposa une méthode d'enseignement du piano basé sur la physiologie (1899).

Elle composa en 1885 « Voix du printemps »  qu’elle dédia à son amie d’enfance Aline Laloy. Cette œuvre comporte six pièces : 1- Sur la grande route : marche à trois temps ;  2- Dans le sentier : gracieux « duo » entre un ténor et une soprano ;  3- L’Orage : amène des rafales d’octaves et des harmonies instables ;  4- Idylle : dont la partie centrale repose sur une mélodie candide ;  5- Nuit de mai : chant ondoyant brièvement interrompu par un épisode capricieux et plus vif ;  6- Plein jour : avec ses motifs de fanfare et son rythme fermement scandé, apporte une conclusion festive. 

 

John Beckwith  (1927-   )

John Beckwith est né à Victoria en Colombie-Britannique en 1927 et est arrivé à Toronto en 1945 pour y étudier le piano avec Alberto Guerrero. Il a aussi étudié la composition à Paris avec Nadia Boulanger en 1950-51.

 

En 1955, il devient professeur à temps complet à la faculté de Musique de Toronto dont il fut doyen de 1970 à 1977. Il a été le premier directeur de l’Institut de musique canadienne inauguré en 1984, puis le premier titulaire de la chaire Jean A. Chalmers de musique canadienne. En 1990, il  prend sa retraite pour se consacrer davantage à la composition.

 

John Beckwith a reçu en 1972 la médaille annuelle du Conseil canadien de la musique, qui l’a déclaré « Compositeur de l’année » en 1984. Il a reçu également le  « Toronto Arts Award for Music » en 1995 ainsi que le Diplôme d’honneur de la Conférence canadienne des arts en 1996. En 1987, il fut nommé membre de l’Ordre du Canada

 

John Beckwith a composé plus de 150 œuvres pour la scène, orchestre, formations de chambre, solistes et chœur.  « Music for Dancing » a été écrit en 1948 pour une petite série de concerts à Toronto. Dans sa forme originale, l’œuvre avait été écrite pour être chorégraphiée et dansée mais elle est le plus souvent entendue comme pièce de concert.

 

                                                                                                                                 Claire Marier

 

 

 

 

 


TOUT BAS-Concert  du 4 octobre 201

 

Henry Purcell : Trois fantaisies pour violes de gambe

Composées par Purcell  (1659-1695) à l'âge de 20 ans en l'espace de quelques mois alors qu'il occupait déjà la fonction importante d'organiste de Westminster, les 15 Fantaisies pour violes - 3 Fantaisies à 3 voix, 9 à 4 voix, une à cinq voix et deux In Nomines à 6 et 7 voix - sont le sommet du genre. On pourrait presque les comparer à l’art de la fugue de Jean - Sébastien Bach.  

 

Jean-Sébastien Bach, Suite no.1 en sol majeur, BWV 1007 

Cette célèbre suite en sol majeur pour violoncelle fut probablement composée par Bach (1685 - 1750) lors d’un séjour à Köthen. Elle est aujourd’hui considérée comme une œuvre incontournable pour cet instrument tant pour ses qualités musicales que pédagogiques. Cette suite s’ouvre sur le célèbre prélude et se poursuit avec cinq danses : allemande, courante, sarabande, menuet et gigue.

 

Pascal Amoyel: Itinérance 2003

Itinérance (2003), de Pascal Amoyel (1971 - ), semble renouer avec le surgissement d’un lointain immémoriel : « Prégnant. Du fond des âges. », note le compositeur. Cette adjonction au répertoire du violoncelle seul est une retombée du spectacle théâtral “Block 15”, né de la lecture des témoignages, durant la seconde guerre mondiale, de deux musiciens Anita Lasker et Simon Laks. Dans cette pièce mise en scène par Jean Piat, les deux musiciens, se faisant aussi comédiens, traduisaient sur scène leurs souvenirs de leur participation aux orchestres du camp d’Auschwitz qui les sauva de l’extermination.

 

Joseph Haydn : Duo en ré majeur pour 2 barytons, Hob.X :11

Joseph Haydn ( 1732 - 1809 ) incarne le classicisme viennois au même titre que Mozart et Beethoven, les trois compositeurs étant regroupés par la postérité sous le vocable de « trinité classique viennoise ». 

Le duo en ré majeur pour deux barytons a été écrit en 1769. Le baryton était un instrument à cordes joué aux 17e et 18e  siècles et qui est maintenant disparu. Haydn écrivit spécialement à l’intention du prince Nicolas Esterhazy (1714-1790) un grand nombre de compositions pour le baryton, dont le prince était amateur passionné et qu’il maniait assez habilement.

 

Julien-François Zbinden (1917 - )

Hommage à Bach a été composé pour la contrebasse, en qualité de morceau imposé au Concours International d’Exécution Musicale de Genève en 1969. « Cette destination m’a imposé évidemment l’obligation d’écrire une pièce faisant appel à toutes les ressources techniques de cet instrument dont le public éprouve quelque difficulté à imaginer que l’on puisse en jouer en virtuose » écrit le compositeur.


Reinhold Glière : Sélections de duos pour deux violoncelles

Glière 1874 - 1956) s'intéressait aux harmonies folkloriques, une inluence que l'on retrouve dans plusieurs de ses oeuvres, et sa remarquable contribution au répertoire pour violoncelle est démontrée à la fois par sa maîtrise des petites formes dans les duos opus 39, et une capacité unique à écrire pour orchestre dans les duos opus 53, un rare exemple de cycle pour deux violoncelles dont nous entendrons une sélection. 

 

ROSSINI Giaccomo  (I792-1868): Duetto pour violoncelle et contrebasse en ré majeur

Le célèbre Duetto pour violoncelle et contrebasse de Rossini est une œuvre de maturité où le compositeur met en évidence les possibilités expressives virtuoses de ces instruments dans le style du Bel Canto italien. C’est aussi une œuvre dédiée au grand contrebassiste virtuose Domenico Dragonetti (1763-1846). 

 

Jean-Sébastien Bach : Sélections d’œuvres à trois parties

J.S. Bach (1685-1750) est considéré comme le maître du genre avec ses Inventions et Sinfonias. Il s’agit d’un ensemble de 15 Inventions (contrapuntiques à deux voix) et 15 Sinfonias (contrapuntiques à trois voix) écrites par Bach dans une tonalité différente comme exercices pour ses étudiants.

Les quatre pièces de Bach que nous entendrons, sont à trois voix, transcrites pour deux violoncelles et contrebasse. Elles ont été choisies en fonction de leur compatibilité à les jouer à trois instruments en abaissant le tout d’une octave sans transposer les tonalités ainsi que leurs possibilités expressives.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Schubert : une concertation

 

Second concert de la 57e saison des Concerts Couperin

Le dimanche 3 mars 2013, 14h30

Chapelle du Musée de l’Amérique Française

 

Quatuor Arthur-Leblanc

Hibiki Kobayashi et Brett Molzan, violon

Jean-Luc Plourde, alto

Ryan Molzan, violoncelle

                 &

Nathalie Tremblay, piano

 

lescouperin@gmail.com

 

Concert parrainé par Madame Suzanne Wildi

en collaboration avec le Musée de l’Amérique Française

 

 

 

Programme :

Franz Schubert 1797-1828

Six Moments Musicaux D. 780 pour piano

  • Moderato, do majeur

  • Andantino, la majeur

  • Allegretto moderato, fa mineur

  • Moderato, do mineur

  • Allegro vivace, fa mineur

  • Allegretto, la majeur

 

Adagio et rondo concertant pour piano, violon, alto et violoncelle D.487

 

Quatuor à cordes no.14 « La jeune fille et la mort» en ré mineur D.810

  • Allegro

  • Andante con moto

  • Scherzo, allegro molto

  • Presto

 

 

Merci à nos généreux commanditaires et donateurs

3 000$ et plus

Le Musée de l’Amérique Française

Mécènes : 1 000$ à 2 999$

Madame Suzanne Wildi, le Consulat général de France, Première Ovation

Donateurs : 500$ à 999$

Line Ross, Marc Tremblay

Amis : 200$ à 499$

Guy Cloutier, écrivain, Claudia Mailloux, ostéopathe

Coup de pouce : 75$-200$

Famille Caron-Plaisance, Francine Debue, Maude Cloutier

Marguerite Roberge, Huguette d’Amours, Ghislain Croft

Les Copies de la Capitale, Distribution Affiche-Tout, Lemieux-Nolet, C.P.A.

Micheline Dessureault, avocate

 


Concert du 7 octobre 2012

Le lied tire ses origines de  la musique des Minnesanger, ces troubadours allemands dont le nom veut dire « chanteurs de l’amour ». À la Renaissance, le lied adopte la polyphonie et l’écriture harmonique au détriment de la mélodie avant de céder aux charmes de  l’opéra italien et de la prédominance accordée aux paroles au détriment de ses enjeux lyriques et musicaux.

Gretchen am Spinnrade (Marguerite au rouet), le premier lied de Franz Schubert, composé à l’âge de 17 ans, marque la naissance du lied romantique  Le jeune compositeur réussit une union parfaite entre la poésie et la musique. Dès lors, le lied et Schubert sont inséparables; il composera en effet plus de 600 lieder, dont les grands cycles de lieder Winterreise (Le Voyage d’hiver) et Die schöne Müllerin ( La Belle meunière ).

 La grande sonate en la mineur D 845, Op 42

La sonate pour piano est un des genres les plus remarquables du XIXe siècle. Pratiquement tous les compositeurs romantiques si sont frottés mais la plupart ont fini par abandonner, tant il est vrai que les 32 sonates pour piano de Beethoven, véritable testament monumental, souffraient difficilement toute comparaison. À l’exception notable de Franz Liszt a qui l’on doit la magnifique sonate en si mineur.

Schubert utilise la forme sonate pour faire valoir ses recherches harmoniques. Ses sonates sont des oeuvres souvent remarquables par leur longueur, sans pour autant nuire au lyrisme si caractéristique de son travail. Pensons  a ses impromptus pour piano.

Composé en mai 1825, la sonate en La mineur op.42 est la dix huitième composée par Schubert, mais la première qu’il réussit à faire publier, en 1826. Une sonate composée en la mineur, une tonalité que semble affectionné Schubert puisqu’on la retrouve dans les cinquième  et seizième sonates pour piano.